• CHAPITRE III 

     

    REALISATION DES CONDITIONS PREALABLES

     

    Pour réaliser les conditions préalables au succès d'Overlord, les décisions portent essentiellement sur deux domaines : l'acquisition de la liberté maritime par la victoire dans la bataille de l'Atlantique, et l'amoindrissement du potentiel industriel par les bombardements stratégiques sur l'Allemagne.

     

    La bataille de l'Atlantique a commencé dès septembre 1939. Entre cette date et juillet 1940, la marine allemande a perdu une quinzaine de sous-marins. Quelques chiffres illustrent cette formidable bataille qui ne basculera en faveur des Alliés qu'en mai 1943. En septembre 1939, la marine allemande possède 51 sous-marins, fin 1942, elle en dispose de 400. Recouvrer la liberté maritime est une condition préalable indispensable à l'envoi sur le sol anglais d'une force de plus d'un million d'hommes... Le tournant sera pris au mois de mai 1943 ; la vie des sous-marins allemands devient de plus en plus difficile, ce qui n'empêche pas que la bataille restera âpre jusqu'à la fin des hostilités : Durant les quatre premiers mois de 1944, le tonnage coulé par les sous-marins allemands atteint encore 120 000 tonnes par mois, mais, au regard à la production américaine de Liberty-Ship devenue considérable, ce chiffre est alors négligeable.

     

    La 8e Air Force atteint fin 1943 près de 1 000 bombardiers. Cette bataille aérienne sur l'Allemagne est également très dure, elle s'attaque en premier lieu aux usines aéronautiques de chasseurs pour en débarrasser le ciel. Mais les bombardiers alliés doivent pénétrer de plus en plus profondément en Allemagne pour atteindre les centres industriels. Ces missions de jour et sans escorte de chasseurs sont très coûteuses. En octobre 1943, la 8e Air Force exécute avec 228 bombardiers une mission de bombardements sur le centre de production de roulement à billes de Schweinfurt. Il en coûtera 62 avions détruits, 138 endommagés et la perte de 599 aviateurs américains. Sans aucun doute, ces bombardements exercent en Allemagne un effet moral considérable et apportent une perturbation importante des communications.

      

    En cette fin de 1943, Churchill, Staline, Roosevelt se réunissent à Téhéran du 27 au 30 novembre. La situation générale de la guerre très améliorée est néanmoins encore précaire. Dans le Pacifique, l'arrêt des Japonais est réalisé, il laisse aux Américains la liberté de pouvoir porter toutes leurs forces en Europe. La bataille de l'Atlantique a basculé favorablement depuis juin dernier. Mais l'Allemagne reste militairement et industriellement très forte.

      

    Se concentrant sur elle-même, sachant exécuter quelques replis opportuns face à l'Est, elle peut tenir assez longtemps pour développer ses armes nouvelles et donner à la guerre un cours victorieux et définitif cette fois.

     

     


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  • CHAPITRE IV 


    LA DEFENSE ALLEMANDE 

     

    Au sommet de la hiérarchie militaire est Hitler. Il a souvent forcé la main de ses généraux par des initiatives d'une audace excessive, et à laquelle la fortune a souri. 

     

    Convaincu de son génie militaire intuitif, Hitler intervient directement au niveau de la conduite de la guerre : Il ne laisse aucune initiative aux généraux, et ne leur accorde qu'une faible confiance. Cependant, astreint à la défensive dès le début de 1943, il adopta pour idée dominante de ne pas céder un pouce de terrain. Des unités remarquables par leurs connaissances tactiques, leur expérience du combat et leur courage ont été ainsi transformées en hordes de prisonniers laissant sur le terrain des morts innombrables.

      

    A l'Ouest, Hitler attend depuis longtemps le débarquement.  Les renseignements parvenus après la conférence de Téhéran le lui confirment pour le printemps 1944.

      

     Von Rundstedt est à nouveau rappelé pour l'ouverture du second front à l'ouest. Il a peu confiance dans le "mur de l'Atlantique" et dans les obstacles défensifs. Tenant classique de la mobilité qui lui a valu ses succès, il veut se constituer des réserves pour rejeter à la mer les forces débarquées, constituant un échec cuisant et définitif. Il donne priorité à la zone du Pas-de-Calais, il écarte la côte normande qui n'ouvre pas accès rapidement à un port : il ignore - faiblesse du renseignement allemand - que depuis un an Churchill a lancé la fabrication d'éléments permettant la création d'un port artificiel.

      

     Début 1944, Hitler nomme à la tête d'un de ces deux groupes, au nord de la Loire, Rommel, le plus jeune maréchal. Rommel a des conceptions différentes de son chef von Rundstedt ; pour lui tous les moyens blindés doivent être répartis près des côtes pour agir au plus vite. De même, les défenses côtières doivent jouer un rôle essentiel, et être portées à leur maximum d'efficacité. Il en est venu à la conclusion - inverse encore de celle de Von Rundstedt - que la zone la plus dangereuse est la côte normande. Néanmoins la défense doit être uniforme car l'offensive alliée comportera probablement une attaque principale et une de diversion. Le "mur de l'Atlantique" couvre, en principe, de fortifications bétonnées et de défenses accessoires la totalité des côtes de la mer du Nord, de la Manche et de l'Atlantique.

    Les organisations offensives du Pas-de-Calais de 1940 sont devenues défensives dès 1941 pour protéger le coeur de l'Allemagne. De plus sont prévues les mises en place dans cette zone nord des plates-formes de lancement des V.-1.

      

    Rommel se met à l'œuvre avec l'énergie coutumière qu'on lui a connue durant toute sa carrière. Convaincu que le débarquement aura lieu à marée haute pour porter fantassins et véhicules au plus près des défenses actives et des objectifs, il truffe les plages d'obstacles de son invention qui éventreront bateaux et véhicules : pieux de fer entrecroisés, rails pointus fichés dans le sol, tétraèdres en béton, levées de béton destinées à gêner les sorties de plage des blindés. Il fait inonder les parties basses (au sud-ouest de Carentan par exemple) et couvrir "d'asperges de Rommel" (pieux pointus dressés vers le ciel) les terrains dégagés propices aux parachutages et atterrissage des planeurs.

      

    Au moment du débarquement, la défense allemande, pour beaucoup grâce à Rommel, aura été considérablement améliorée au cours des quatre derniers mois : aménagement des obstacles, entraînement des unités. Elle comportera cependant des lacunes : déficience de certaines unités, insuffisance du renseignement, déficits en matériels, canons, munitions : ainsi certaines fortifications seront lors du débarquement démunies des canons pour l'usage desquels elles avaient été construites.


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    CHAPITRE V 


    PRISE EN MAIN STRATEGIQUE D'OVERLORD PAR EISENHOWER

     

                            JANVIER 1944 


               Le tournant favorable pris par la bataille de l'Atlantique en juin 1943 a permis l'acheminement et la montée en puissance des forces américaines en Grande-Bretagne. Les plans fixent les forces à réunir pour le printemps 1944 à 1 446 000 hommes. Fin 1943, l'effectif atteint voisine le million et les matériels de débarquement se rassemblent en Angleterre. Des matériels spéciaux, chars amphibies, véhicules amphibies, éléments de ports artificiels, existent ou sont en cours de fabrication. Certains ont été expérimentés dans le Pacifique comme les diverses péniches de débarquement (Landing Ship) .La première quinzaine de janvier 1944 est consacrée à l'étude de l'élargissement de la zone d'assaut pour inclure les plages : la zone d'assaut pourrait ainsi être portée de 40 km de largeur à 75 km. Face à une telle extension de l'opération (pratiquement doublée) Leigh-Mallory objecte que la D.C.A. et les difficultés de terrain du Cotentin peuvent causer à l'opération aéroportée des pertes de 75 % des effectifs engagés.

      

      

    Plan de la zone complète des plages du débarquement allié en Normandie.

     
     

    Sitôt après son arrivée le 15 janvier, Eisenhower examine ce nouveau plan. Il l'approuve et l'adopte comme base de travail pour la préparation d'Overlord. Il est prévu par ailleurs de conjuguer avec Overlord un débarquement intitulé Anvil, sur la côte de Provence dans le but de maintenir sur place les forces allemandes et d'empêcher leur envoi vers le nord de la France ou l'est de l'Europe. Un décalage dans le temps d'Anvil donnerait la possibilité aux mêmes bateaux de participer d'abord à Overlord et ensuite au débarquement de Provence. Eisenhower propose de reporter Overlord d'un mois, et de retarder Anvil jusque fin juillet. Grâce à ces mesures pourront être réunis les moyens de débarquement (6 047 landing crafts) appropriés au volume de la force d'assaut souhaitée dans le plan révisé, à savoir 176 500 hommes et 20 000 véhicules (dont 3 000 canons, 1 500 chars et 5 000 véhicules blindés) mis à terre dans les premières 48 heures de l'invasion. Au jour J (D day), Eisenhower commandera une force sans égale dans l'histoire : 37 divisions, qui seront rejointes par 50 autres venant directement des États-Unis ; une flotte de guerre s'élevant à 200 unités, additionnée d'une flottille de combat de 500 bateaux divers ; une flotte aérienne de chasse d'appui de 171 escadrilles (3 100 avions).

      

     Au 1er février 1944, lorsqu'est définitivement arrêtée la date du débarquement, il reste 4 mois au général Eisenhower pour prendre les dispositions qui conduiront cette immense masse de manœuvre, encore en cours de constitution, au succès dans l'accomplissement d'une mission dont dépend le sort du monde. 

     


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      CHAPITRE VI 


    LE CONCEPT DE MANŒUVRE

      

         Dans toute opération offensive, le concept de manœuvre est la traduction opérationnelle tactique en quelque sorte, de la stratégie qui détermine l'objectif politique et militaire il dirige toutes les décisions, y compris celle concernant l'assaut initial.

      

           Cet assaut, lorsqu'il est amphibie, suscite des contraintes importantes pour le déroulement de la manœuvre dont il ouvre la porte : aussi prend-il une place majeure dans le concept lui-même et ce sera le cas pour Overlord.

     
     Le concept stratégique dont l'assaut amphibie est l'ouverture peut se formuler ainsi :
     
    -        débarquer en Normandie
     
    -        monter en puissance les ressources nécessaires pour une bataille décisive en 
     Normandie-Bretagne
     
    -        poursuivre en France sur un large front, atteindre la frontière allemande et menacer la 
     Ruhr, faire jonction avec les forces venant du Midi
     
    -        tout en continuant la montée en puissance des forces à partir des ports en vue de la 
     bataille finale, mener l'offensive sans désemparer avec le maximum de moyens, 
     détruire les forces à l'ouest du Rhin, tout en cherchant à le franchir, lancer une attaque 
     finale. Percer au travers de l'Allemagne suivant une direction alors à définir et nettoyer 
     le reste de l'Allemagne. 
     
    Tel est le schéma sur lequel Montgomery va pendant 3 mois monter une planification détaillée,
     progressivement complétée, modifiée, ajustée et précisée.
      
      

    Plan du concept de manoeuvre

     


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  • Opérations aéroportées. 

    La mission des bombardements et des parachutistes alliés : désorganiser les forces allemands en détruisant des axes de communication et en capturant des points stratégiques.

    00:10
                   Les premiers éclaireurs américains (pathfinders en anglais) sautent sur le Cotentin, afin de baliser les zones de parachutages pour les pilotes de C-47 (voir photo ci-dessous) qui vont arriver dans les minutes qui suivent.

    Le mardi 6 juin 1944 minute par minute 

     

     

     

     

     

     

    00:16
         Le premier des 3 planeurs britanniques se pose à partir à moins de 50 mètres du pont de Bénouville, le Pegasus Bridge ( Voir photo ci-dessous).

    Le mardi 6 juin 1944 minute par minute


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