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    Bataille de Normandie

                   Comme beaucoup d’unités, le 506e fut largement éparpillé durant la nuit de l’opération Albany. L’action la plus connue de l’unité est l’assaut du manoir de Brécourt. Le 506e participa aussi à la bataille de Carentan. Environ 2 000 hommes furent parachutés en France. 231 furent tués, 183 disparus ou prisonniers de guerre, 569 blessés.

    La bataille du manoir de Brécourt

            Suite à la disparition du commandant de la compagnie dans le crash du C-47 qui le transportait, le commandement de la Easy Company, 2nd Bataillon du 506e PIR de la 101e Aéroportée revient au 1er lieutenant Richard D. Winters. Après avoir pris contact avec les autres compagnies de son bataillon au hameau du Grand Chemin le matin du 6 juin, Winters fut envoyé au front. Avec pour instruction minimale «Il y a une batterie derrière cette haie. Occupez-vous en.» et aucun briefing, il se trouve avec pour mission de détruire une batterie d’artillerie allemande initialement repérée comme une batterie de quatre canons de 88 mm qui pilonnent Utah Beach et la chaussée no 2 qui doit permettre aux troupes de pénétrer dans les terres. Plusieurs autres unités ont tenté de prendre d'assaut la position ennemie plus tôt le matin, mais ont été repoussées.

             Après une mission de reconnaissance aux environs de 8h30, Winters réunit une équipe de treize hommes de sa propre compagnie mais aussi d’autres compagnies, des soldats parachutés au mauvais endroit et n’ayant pas encore rejoint leurs unités respectives. Sans plus d’information que la position approximative des canons (au sud du Grand Chemin) et sans idée de ce qui se trouvait au-delà de la batterie, l’équipe de Winters prend d’assaut le manoir de Brécourt, localisé à environ 5 km au sud-ouest d’Utah Beach et au nord du village de Sainte-Marie-du-Mont. Ils découvrent la batterie no 6 du 90e Régiment d’Artillerie allemand, constituée de quatre canons de 105 mm reliés par un réseau de tranchées et défendus par un peloton de soldats allemands.

             L’unité faisait vraisemblablement partie du 6e Régiment de Parachutistes et était équipée de mitrailleuses MG42(voir photo ci-contre), mais les détails sont à ce jour inconnus. Le 1er bataillon du 6e PIR allemand avait été déplacé de Carentan vers Sainte-Marie-du-Mont durant l’après-midi de la veille, mais était arrivé sur place pendant la nuit ; la 1re compagnie du 919e Régiment de Grenadiers (709e Division d’Infanterie) était postée à Sainte-Marie-du-Mont et responsable du périmètre. Des éléments du 1058e Régiment de Grenadiers (91e Division d’Infanterie) défendait tout le voisinage, et l’artillerie faisait également partie de cette division. Le 795e bataillon Géorgien, attaché au 709e ID, positionné au nord-ouest à Turqueville, n’était vraisemblablement pas présent du fait cause des difficultés du terrain. Quelle que soit l’unité défendant la batterie, les parachutistes américains étaient opposés à approximativement 60 soldats allemands.

     

    L’unité normalement assignée à la batterie avait apparemment pris la fuite durant la nuit en apercevant les parachutages ; le lieutenant-colonel Friedrich August von der Heydte (Voir photo ci-contre), découvrant la désertion, se déplaça jusqu’à Carentan et ordonna à son 1er bataillon de prendre en charge la batterie. Sitôt arrivé sur les lieux, Winters établit son plan. Il positionna une paire de mitrailleuses M1919 pour assurer un tir de couverture, et envoya plusieurs soldats (le 2nd Lieutenant. Lynn D. Compton, le soldat Donald Malarkey et le sergent William J. Guarnere) sur un flanc pour détruire un nid de mitrailleuse à la grenade et fournir un tir de couverture supplémentaire.

    Si les tranchées reliant les positions d’artillerie fournissaient aux soldats allemands un accès facile pour approvisionner et renforcer les canons, elles furent aussi leur plus grande faiblesse. Ayant détruit le premier canon, Winters et le reste de ses hommes les utilisèrent pour approcher très rapidement et à couvert, et attaquer les autres canons un par un, chaque canon étant immédiatement détruit par un bloc de TNT placé dans la gueule du canon et amorcé à l’aide d’une grenade à main allemande.

     Des renforts de la Compagnie D menés par Ronald C. Speirs arrivèrent pour terminer l'assaut sur le quatrième canon. Speirs avait la réputation d'un excellent officier, extrêmement agressif, et il mena ses hommes contre la dernière position en courant hors des tranchées, s’exposant directement au feu ennemi.  

    Une fois les canons mis hors service, l’équipe de Winters fut prise dans un lourd tir de mitrailleuses provenant du manoir de Brécourt et battit en retraite. Winters avait trouvé près de l’un des canons une carte allemande (Voir ci-contre) donnant les positions de toutes les batteries d’artillerie et de mitrailleuses dans toute la péninsule du Cotentin, renseignement inestimable qui fut transmis au commandement.

    Winters dirigea aussi le tir de deux chars américains arrivés plus tard d’Utah Beach afin d’éliminer les restes de la résistance allemande. Il perdit un homme durant l’assaut, le soldat John D. Hall, tué par un éclat de mortier. Le soldat Robert "Popeye" Wynn fut également blessé durant l’attaque ; il fut évacué en Angleterre, soigné, et rejoignit la Easy juste avant l’opération Market Garden. Le major Andrew Hill fut lui aussi tué durant la bataille, cherchant le quartier général du 506e PIR. Deux soldats de la Dog Company furent tués, un blessé. 

     

                 Les troupes débarquant à Utah Beach ne subirent que relativement peu de pertes, en partie grâce au succès de cet assaut. Le colonel Robert Sink, commandant le 506e PIR, recommanda Winters pour la Médaille d’honneur du Congrès, mais seule la Distinguished Service Cross (photo de gauche)  lui fut accordée. Une division ne pouvant recevoir qu'une seule et unique Medal of Honor, celle-ci fut décernée au lieutenant-colonel Robert G. Cole (Voir photo ci-contre). L’armée américaine reste assez vague dans sa version officielle des évènements. L’historien militaire S.L.A. Marshall a interrogé Winters à propos de l’assaut, mais l’entretien n’était pas privé et s’est déroulé devant plusieurs officiers supérieurs. Dans ses mémoires, Richard Winters révèle qu’il a sans doute édulcoré sa description des faits pour éviter que l’on ne l’adule trop, et pour garder le résumé succinct. Dans les faits, Marshall a mentionné dans son rapport que Winters avait environ deux cents hommes sous ses ordres. Toutefois, presque tous les hommes impliqués dans l'assaut du manoir de Brécourt ont par la suite été reconnu comme ayant participé à l’attaque.

     


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