• Formations SS étrangères à l'Allemagne

     

    Britische Freikorps SS

     Unité de la Waffen-SS uniquement composée de volontaires anglo-saxons originaires du Royaume-Uni et du Commonwealth; conçue au début comme unité combattante, elle se résuma à n'être guère plus qu'un petit groupe de propagande sans la moindre valeur militaire. Son effectif total se situe entre 50 et 70 membres.

    1.Les origines

    À l'origine se trouve John Amery, qui, dans un petit ouvrage publié en 1943, "England and Europe", prône la création d'une unité combattante, composée uniquement de volontaires anglo-saxons anti-communistes, qu'il baptisa : "Légion de Saint-George" (The Saint-George Legion). Influencé par le relatif succès que connut, en France occupée, la création de la LVF (Légion des volontaires français contre le bolchévisme), il s'en inspira pour sa propre Légion, escomptant un premier engagement de 1 500 compatriotes, destinés à former un ou deux bataillons, constituant une brigade d'infanterie. La campagne de recrutement qu'il entreprit, sous les auspices peu enthousiastes de l'état-major de la Wehrmacht, au sein des divers camps de prisonniers britanniques au cours des mois suivants, fit tomber ses dernières illusions : un seul et unique volontaire, Kenneth Edward Berry, se présenta. Le projet d'Amery ne devait pas survivre à pareil échec.

    2. 1944: le développement

             Cette idée d'une unité anglo-saxonne fut néanmoins reprise, et réalisée, par les services de la Waffen SS et au 1er janvier 1944 fut constitué officiellement le « Britische Freikorps der Waffen SS » (Corps-franc britannique de la Waffen-SS) plus généralement connu sous son appellation anglaise : « British Free Corps » ou BFC. Dès sa constitution, cette unité, pour le moins spéciale, se révéla non seulement peu fiable, mais encore plus atypique : ni unité de combat, ni véritablement « vitrine » de propagande, elle ne fut, en aucune manière, l'objet de réelles attentions d'un quelconque service SS. Placée d'abord sous le commandement du SS Hauptsturmführer allemand Hans-Werner Roepke, ancien officier de la 5e Panzerdivision SS Wiking, celui-ci se révéla pour le moins laxiste; choisi pour son anglophilie et le fait qu'il ait vécu quelques années aux États-Unis avant la guerre, il ne prit même pas la peine d'entraîner ses hommes. Et ce n'est qu'en novembre 1944, qu'il fut remplacé par le SS-Obersturmführer Dr Walter Kühlich.

     
                  La seule réelle personnalité marquante du BFC fut le SS-Oberscharführer (adjudant-chef SS) britannique Thomas Cooper: né d'une mère allemande et d'un père anglais, cet ancien membre de la « British Union of Fascists » de Londres, avait rejoint la SS dès 1938 et combattu sur le front de l'est au sein de la division SS « Wiking », et avait été grièvement blessé recevant ainsi l’insigne des blessés en argent. Politiquement motivé et ne manquant pas de caractère, il tenta vainement de faire « bouger les choses » et de faire du BFC une unité de combat. Mais il ne réussit pas à imposer son point de vue aux autorités compétentes.


    3. 1945: les dérniers mois

          Aux débuts de 1945, le BFC fut dirigé sur un camp d'entraînement de Dresde afin de suivre une formation de pionniers d'assaut (= Sturm-Pioniere). Lors du tragique bombardement de la ville par la RAF et l'USAF en février 1945 deux volontaires britanniques furent tués et le groupe fut aussitôt dirigé sur Stettin.

     
           En mars 1945, les autorités allemandes décidèrent d'enfin engager le BFC; mais seuls 8 volontaires se présentèrent. Ils furent incorporés à la 3e compagnie du bataillon de reconnaissance de la 11e SS Panzergrenadieren Division "Nordland"; mais suite à l'ordre du SS Obergruppenführer Felix Steiner, interdisant de les utiliser en première ligne, les volontaires anglais passèrent dix jours à creuser des tranchées et des abris, avant d'être redirigés sur les arrières où ils furent chargés d'aider les réfugiés et d'assurer la surveillance du trafic routier.

           Fin avril 1945, lors de l'ultime offensive de l’Armée rouge, ils suivirent le flot des fuyards. L'un d'entre eux, néanmoins, le SS Mann Reg Cornfield, aurait été crédité de la destruction d'un T-34 d'un coup de Panzerfaust lors des combats de Berlin.

     

    Il faut noter qu'il y eût quelques autres volontaires anglo-saxons à combattre dans la Waffen-SS, et même quelques Irlandais, alors que le pays était neutre pendant la seconde guerre mondiale:
    - James Conen* (SS-Mann, Anglais): 1.SS Leibstandarte SS Adolf Hitler, au sein du SS-Panzer FLAK Abteilung 1
    - William Celliers* (SS-Mann, Sud-Africain): idem çi-dessus
    - Railton Freeman (SS-Untersturmführer, Anglais): SS-PK Standarte "Kurt Eggers" (régiment SS de propagande)
    - Roy-Walter Purdy (SS-Mann, Anglais): idem çi-dessus, dans un rôle d'intérprète
    - Patrick O'neil (Irlandais): département SS de médecine
    - James Brady (Unterscharführer, Irlandais): SS Jagdverbande "Mitte" (commando SS de traque anti-partisans)
    - Franck Striwger (SS-Mann, Irlandais): idem çi-dessus

    *: ces deux hommes ont été les deux seuls anglo-saxons à recevoir la Croix de Fer deuxième classe

    En outre, il demeure un mystère concérnant une hypothétique de 7 volontaires anglo-saxons au sein de la
    3. SS-Panzerdivision Totenkopf.

    On notera également les marques distinctives sur l'uniforme des anglo-saxons combattant au sein de la
    Waffen-SS:
    - la bande de bras "Britische Freikorps", qui, bien que n'étant pas une division, ni même un régiment, était sans doute uniquement là à des fins de propagande.
    - le drapeau de l'Union Jack sur la manche (peu surprenant, car c'était le cas pour tout les combattants étrangers à l'Allemagne combattant dans la Waffen-SS)
    - la patte de col "Coeur de Lion", en lieu et place des runes SS

     
     

    -       Les SS Américains

     

    Il y avait quelques citoyens Américains qui étaient membres des Waffen-SS, mais aucune unité composée essentièllement de volontaire américains n'a jamais été créée (en dépit de quelques réclamations au sujet des "d'Américain corps " ou de "brigade de George Washington"). Selon un recensement au sein de la SS, il y a au moins cinq citoyens US qui ont servi dans les Waffen SS en mai 1940, mais après cette date aucun nombre n'est disponible. Le deuxième lieutenant Martin James Monti (né 1910 à St Louis d'un père Italien-Suisse et d’une mère allemande) est allé en octobre 1944, de Karachi à Naples (par le Caire et Tripoli) à bord d’un avion photographique de reconnaissance F-4 ou F-5 (version reconditionnée du P-38) jusqu’à Milan. Là il s'est rendu, ou plutôt déserté, aux Allemands et travaillé comme radio diffuseurs de propagande (comme Martin Wiethaupt) avant d'entrer aux Waffen-SS en tant que SS-Untersturmführer sous les ordres du SS-Standarte Kurt Eggers. À la fin de la guerre il est allé au sud de l’Italie où il s’est rendu aux forces US(portant toujours son uniforme de SS) disant qu’il l’avait reçut de la résistance. Il a été condamné pour abandon et condamné à 15 ans de travaux forcés.

      

    Cette condamnation à été cassé et Monti a rejoint l’air force US, mais en 1948 après enquête par le FBI, il a été recondamné pour trahison et condamné à 25 ans de prison l'année suivante. Il a été libéré sur parole en 1960.

      

    Peter Delaney (alias Pierre de la Ney du Vair), SS-Haupsturmführer sous les ordres du SS-Standarte Kurt Eggers qui est censée avoir servi dans La légion des volontaires Français (LVF). Delaney a été tué en 1945. Au moins huit volontaires américains sont connus pour avoir été tués pendant leur service.

      

    Aucune vraie tentative par les autorités Américaines d'étudier et d’enquêter sur les volontaires n'a été faite après la guerre, par opposition par exemple aux efforts par les Anglais.

     


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