• CHAPITRE IV 


    LA DEFENSE ALLEMANDE 

     

    Au sommet de la hiérarchie militaire est Hitler. Il a souvent forcé la main de ses généraux par des initiatives d'une audace excessive, et à laquelle la fortune a souri. 

     

    Convaincu de son génie militaire intuitif, Hitler intervient directement au niveau de la conduite de la guerre : Il ne laisse aucune initiative aux généraux, et ne leur accorde qu'une faible confiance. Cependant, astreint à la défensive dès le début de 1943, il adopta pour idée dominante de ne pas céder un pouce de terrain. Des unités remarquables par leurs connaissances tactiques, leur expérience du combat et leur courage ont été ainsi transformées en hordes de prisonniers laissant sur le terrain des morts innombrables.

      

    A l'Ouest, Hitler attend depuis longtemps le débarquement.  Les renseignements parvenus après la conférence de Téhéran le lui confirment pour le printemps 1944.

      

     Von Rundstedt est à nouveau rappelé pour l'ouverture du second front à l'ouest. Il a peu confiance dans le "mur de l'Atlantique" et dans les obstacles défensifs. Tenant classique de la mobilité qui lui a valu ses succès, il veut se constituer des réserves pour rejeter à la mer les forces débarquées, constituant un échec cuisant et définitif. Il donne priorité à la zone du Pas-de-Calais, il écarte la côte normande qui n'ouvre pas accès rapidement à un port : il ignore - faiblesse du renseignement allemand - que depuis un an Churchill a lancé la fabrication d'éléments permettant la création d'un port artificiel.

      

     Début 1944, Hitler nomme à la tête d'un de ces deux groupes, au nord de la Loire, Rommel, le plus jeune maréchal. Rommel a des conceptions différentes de son chef von Rundstedt ; pour lui tous les moyens blindés doivent être répartis près des côtes pour agir au plus vite. De même, les défenses côtières doivent jouer un rôle essentiel, et être portées à leur maximum d'efficacité. Il en est venu à la conclusion - inverse encore de celle de Von Rundstedt - que la zone la plus dangereuse est la côte normande. Néanmoins la défense doit être uniforme car l'offensive alliée comportera probablement une attaque principale et une de diversion. Le "mur de l'Atlantique" couvre, en principe, de fortifications bétonnées et de défenses accessoires la totalité des côtes de la mer du Nord, de la Manche et de l'Atlantique.

    Les organisations offensives du Pas-de-Calais de 1940 sont devenues défensives dès 1941 pour protéger le coeur de l'Allemagne. De plus sont prévues les mises en place dans cette zone nord des plates-formes de lancement des V.-1.

      

    Rommel se met à l'œuvre avec l'énergie coutumière qu'on lui a connue durant toute sa carrière. Convaincu que le débarquement aura lieu à marée haute pour porter fantassins et véhicules au plus près des défenses actives et des objectifs, il truffe les plages d'obstacles de son invention qui éventreront bateaux et véhicules : pieux de fer entrecroisés, rails pointus fichés dans le sol, tétraèdres en béton, levées de béton destinées à gêner les sorties de plage des blindés. Il fait inonder les parties basses (au sud-ouest de Carentan par exemple) et couvrir "d'asperges de Rommel" (pieux pointus dressés vers le ciel) les terrains dégagés propices aux parachutages et atterrissage des planeurs.

      

    Au moment du débarquement, la défense allemande, pour beaucoup grâce à Rommel, aura été considérablement améliorée au cours des quatre derniers mois : aménagement des obstacles, entraînement des unités. Elle comportera cependant des lacunes : déficience de certaines unités, insuffisance du renseignement, déficits en matériels, canons, munitions : ainsi certaines fortifications seront lors du débarquement démunies des canons pour l'usage desquels elles avaient été construites.


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