• CHAPITRE II 

     

    LA PREPARATION A LONG TERME

      

    Le 12 mars 1943, est désigné un chef d'état-major du commandant de l'opération du débarquement, le général britannique F. Morgan, Chief Of staff to Supreme Allied Commander, C.O.S.S.A.C., il a pour mission de préparer trois types d'opérations possibles : 

      

    ·  Starkey : opération de diversion en 1943 pour fixer les forces adverses à l'Ouest et interdire le renforcement allemand en Russie et en Italie.

      

    ·  Rankin : retour sur le continent à tout moment en cas de désintégration allemande.

      

    ·  Overlord : assaut en force aussitôt que possible en 1944. 

     

    Pour Starkey, les plans sont poussés assez loin. En effet un exercice a lieu le 8 septembre 1943. Il consiste en un rassemblement de troupes et de bateaux dans le sud-est de l'Angleterre  et en des débuts d'embarquement et de formation de convois. Il a pour objet de créer l'impression du montage d'un débarquement au travers de Douvres en direction du Pas-de-Calais, là où le franchissement est le plus court. Ce montage est délicat, il doit attirer l'attention de la Luftwaffe sans pour autant provoquer de bombardements supplémentaires au détriment de la population environnante. Il doit être interrompu assez vite, puis présenté rapidement à la presse, non comme un échec, mais pour ce qu'il est réellement, un exercice. Il doit néanmoins durer assez longtemps pour que l'aviation alliée et les résistants clandestins puissent observer les réactions allemandes : alerte des unités d'infanterie, d'artillerie et mouvement éventuel des réserves.

     

    Pour ce qui est de la réalisation d'Overlord, deux problèmes sont essentiels à résoudre : le choix du lieu de débarquement et la détermination des forces à engager.
    Le lieu le plus logique pour atteindre rapidement le coeur de l'Allemagne se trouve limité à deux zones sur les côtes de la Manche : celle du Pas-de-Calais - Somme et celle de basse Normandie. La zone nord, Pas-de-Calais - Somme, plus proche de l'Angleterre, présente des avantages incontestables : traversée maritime la plus courte ; distance de vol la plus brève ; plages favorables, deux grands ports (Le Havre et Anvers). La basse Normandie présente des plages de sable d'accès facile ; mais au-delà le bocage est souvent favorable à la défense. Les ports de Brest et Cherbourg sont bien placés pour accueillir par la suite des bateaux venant directement des Etats-Unis. En juin 1943, Cossac décide en faveur de la basse Normandie et poursuit ses études sur cette hypothèse. Ainsi se trouve soulevé le problème de l'entretien de la tête de pont pendant deux semaines, uniquement par les plages conquises. La création d'un port artificiel est une idée séduisante mais les moyens techniques de sa réalisation n'existent pas, tout au moins pas encore.

      

    La conférence de Québec (Quadrant) réunit, en août 1943, Roosevelt et Churchill. Il en ressort des ajustements portants sur les plan établis par COSSAC : ses prévisions de mises à terre, exagérément optimistes (de l'ordre de 18 divisions débarquées à J+18) sont revues à la baisse ; il est par contre est envisagé un débarquement dans le Midi de la France pour le mois d'août 44, mais Overlord est confirmée comme l'opération prioritaire pour l'année 1944 (date prévue mai).

      

    Par voie de conséquence, l'état-major Cossac jusqu'alors uniquement planificateur, devient opérationnel. Il devient sous l'autorité des chefs d'états-majors combinés (Combined Chiefs of Staff) habilité à prendre des mesures d'exécution. 

     En novembre 1943, 7 divisions (4 U.S. et 3 britanniques) ayant l'expérience des combats et des débarquements sont ramenés d'Italie et d'Afrique pour constituer le noyau dur et entraîné de la force de débarquement.

     


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